Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles

La complainte rose bubblegum d’Yvette Mayorga sur le rêve américain

RIDGEFIELD, Connecticut — Au centre d’un cadre doré, un relief rose bubblegum raconte une histoire complexe : une silhouette à la peau brune vêtue d’un survêtement Nike tend la main vers un enfant sur une balançoire tandis qu’un petit soldat armé pointe son arme. Un toboggan de terrain de jeu qui rappelle la Barbie Dreamhouse des années 1990 mène à une piscine idyllique, tandis qu’un drapeau américain pend d’un balcon orné. Dans cette réinterprétation du tableau canonique « The Swing » de Jean-Honoré Fragonard (vers 1767-1768), des références à l’esthétique européenne du XVIIIe siècle se cachent derrière les éphémères de l’an 2000 et les tropes du consumérisme américain, notamment les repas McDonald’s, les émoticônes et le Super S qui rempli les pages des cahiers des enfants des années 2000. Un fond de confiserie composé de rosaces et de feuillages dissimule presque une autre silhouette prostrée devant une Statue de la Liberté décolorée, faisant allusion au spectre des contrôles d’immigration qui infecte le paysage onirique par ailleurs confit.

«Je me souviens d’avoir mangé des chips chaudes quand mon père a été déporté, après JH Fragonard, ‘The Swing’»(2017) incarne la technique emblématique de Mayorga, que l’on retrouve dans les 16 œuvres exposées lors de la première exposition personnelle d’Yvette Mayorga sur la côte Est, Rêvant de toi, au Musée d’art contemporain Aldrich. Inspirée par le travail de sa mère dans une boulangerie après avoir immigré de Jalesco, Mayorga givre d’épaisses acryliques sur des sculptures et des toiles avec des poches à douille et des douilles à glaçage pour obtenir des textures délicieuses. Avec les surfaces en miroir d’elle Médaillon de surveillance (2021-en cours), la tactilité de l’artisanat de Mayorga plonge intimement le spectateur dans la tension entre dislocation et appartenance qui a défini son enfance en tant que Mexicaine-Américaine de première génération dans le Midwest dans les années 90 et 2000.

Yvette Mayorga, « Sugar Castle After Rococo 18th Century Porcelain Diorama » (2023), verre, breloques et passepoil acrylique sur panneau, 26 x 27 pouces

Mayorga réinterprète à nouveau l’art classique européen dans sa série Urne américaine (2019-en cours), qui sélectionne des images d’églises catholiques de style churrigueresque au Mexique. Les peintures regorgent de passementeries, de volutes et d’images religieuses d’inspiration rococo, soulignant les fondements coloniaux de l’histoire de l’art occidental. L’une des pièces les plus mémorables de l’exposition est « El Castillo de Oro ». (2023), une urne à la façade en forme de château ornée de reliques nostalgiques, dont un téléphone à clapet et Hello Kitty, la mascotte ultra-féminine de l’œuvre de Mayorga. Piédestal dans une petite pièce rose bordée de sols en damier rappelant Versailles, Mayorga réimagine la violence du colonialisme religieux en la situant dans le conte de fées de son enfance.

Yvette Mayorga, « Je me souviens d’avoir mangé des chips chaudes quand mon père a été déporté, d’après JH Fragonard, ‘The Swing’ » (2017), passepoil acrylique sur toile, 20 x 24 pouces (toutes les images sont une gracieuseté de l’artiste, sauf indication contraire)

Le lexique visuel de Mayorga est particulièrement emblématique par « F* is for ICE, 1975 –2018 » (2018). Exposé aux côtés de portraits grandeur nature de ses frères et sœurs, ce diptyque domine la galerie. Alors que Mayorga est vêtue d’une chemise anti-ICE, son grand-père porte une chemise imprimée Tootsie Roll, faisant référence à son travail à l’usine de bonbons lors de sa première immigration. Au centre, un téléviseur montrant d’un côté un homme escaladant un mur frontalier et de l’autre un rassemblement de Trump transmettent des réponses dichotomiques à la politique anti-immigration de cette administration. Rempli de motifs récurrents et inquiétants tels que des hélicoptères en patrouille, des agents de l’ICE attendant derrière des ours en peluche et une silhouette portant des Nike cachée dans un gâteau, le langage pictural accessible de Mayorga évoque les erreurs du rêve américain.

Yvette Mayorga, « American Urn 3 Here (After Madame Victoire vases at Château de Versailles) » (2021), passepoil acrylique et collage sur toile, 42 1/2 x 30 3/4 x 2 1/2 pouces (image avec l’aimable autorisation du Musée Aldrich )
Yvette Mayorga, « ICE ICE LADY » (2017), passepoil acrylique sur toile, 20 pouces de diamètre
Yvette Mayorga, « Scorpion After Ouvrière en Porcelaine » (2023), collage, miroir, boucle de ceinture scorpion, marteaux jouets et passepoil acrylique sur panneau, 80 x 43 pouces

Yvette Mayorga : Rêver de toi est exposé au Musée d’art contemporain d’Aldrich (258, rue Main, Ridgefield, Connecticut, jusqu’au 17 mars.

Delphine

Bonjour, je m'appelle Delphine. Je suis un journaliste passionné par la découverte de la vérité et le récit d'histoires importantes. Je crois au pouvoir des mots pour avoir un impact sur la vie des gens et ouvrir les esprits. Mes écrits se concentrent sur les questions de justice sociale, les droits de l'homme et l'actualité. Quand je n'écris pas, vous pouvez me trouver en train de lire des livres ou d'explorer ma ville.
Bouton retour en haut de la page